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Attribués en 2007, les logements de type F1 accordés aux pupilles de l’Etat de la wilaya de Constantine ont été squattés par des étrangers.
Las d’endurer une situation catastrophique qui n’a que trop duré, ces pupilles de l’Etat ont décidé de sortir de leur silence en criant haut et fort le calvaire quotidien qu’ils subissent. Livrés à eux-mêmes, sans abri ni boulot, ces orphelins vont droit et but et appellent les choses par leurs noms « créer une section ministérielles chargée de la communauté qui réside à l’étranger c’est bien, mais ça serait mieux de s’occuper d’abord de celle qui réside sur les trottoirs » scandent quelque 64 pupilles de l’Etat devant le siège de la direction de l’action sociale de la wilaya de Constantine. Ils ne demandent pas le luxe, loin de là. Un toit décent est l’unique revendication exprimée. Lotfi, est père de deux enfants, mais il les vois rarement parce que, dit-il, « ils vivent avec leur mère chez mes beaux parents. Moi je dors sur les trottoirs ou dans les cages d’escalier ». Tayouch Lemtayech est un orphelin. Il a passé plus vingt ans dans les rues de Constantine. Il est âgé de 39 ans, il n’est pas marié. Actuellement, il dort dans une pizzeria située au centre-ville. Il réclame lui aussi le F1 dont il a bénéficié. Karima a 37 ans, elle a de la chance parce qu’ elle est hébergée à l’hôpital Ben-Badis où elle assure un travail de femme de ménage « je suis exposée à tous les risques. Virus et agressions, c’est invivable. En réalité, on ne vit pas, on essaye de survivre », nous confie-t-elle. « Je dors depuis plus de quinze ans dans les cages d’escalier de la cité faubourg Lamy », affirme avec amertume Ahmed. Ce sont là quelques échantillons d’une frange sociale marginalisée et mise à l’écart. Les représentants de ces pupilles se sont rendus deux fois au ministère de Ould Abbès pour dénoncer les dépassements dont ils sont victimes, mais en vain ! Personne ne veut les recevoir. Présent à Constantine pour établir un constat général sur la situation du secteur dans cette ville, le représentant du département de Ould Abbès a refusé de nous donner des éclaircissements sur ce conflit. « Je n’ai pas de déclarations à faire à la presse. Vous voulez me piéger.», S’est-il suffi de dire. Le directeur de la DAS était plus diplomatique « je viens de prendre en main ce dossier. Les logements accordés à ces pupilles de l’Etat ont été squattés et l’OPGI est en train de faire le nécessaire pour les expulser ». Ne croyant plus aux promesses, les pupilles en question avaient menacé, avant-hier, de passer la nuit dans le hall de la direction de l’action sociale, jusqu’à satisfaction de leurs revendications. Le DAS avait compris qu’il fallait lâcher du lest en annonçant une intervention rapide et urgente de sa part. abordé à ce sujet, le wali de Constantine nous a confirmé que l’affaire de ces pupilles de l’Etat sera réglée incessamment. « C’est moi qui avait accordé ces logements. C’est mon initiative. Ces logements ont été squattés. L’affaire est entre les mains de la justice et les bénéficiaires pourront rejoindre leurs demeures une fois la procédure judiciaire achevée », nous a-t-il confirmé. Squat et justice, ce sont les deux leitmotive avancés par les principaux concernés. Entre temps, ces orphelins continuent à occuper les trottoirs.
KHALIDA B. Le Midi
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