 La Russie n’a toujours pas retiré ses troupes de Géorgie, contrairement aux affirmations de l’état-major. Le secrétaire du Conseil de sécurité géorgien, Alexandre Lomaïa, l’a affirmé hier : «La situation est inchangée. Nous ne voyons pas de retrait.» Mieux, quatre explosions ont retenti dans l’après-midi d’hier sur le territoire de la base militaire géorgienne de Senaki occupée par l’armée russe. Cette dernière occupe, par ailleurs, une autre base militaire géorgienne à Teklati. «Les Russes continuent la destruction de la base militaire de Senaki», a affirmé le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Chota Outiachvili, qui a même assuré que les troupes russes avançaient encore dans des zones du centre-ouest de la Géorgie «six véhicules blindés russes se dirigent de Khachouri [centre] vers Satchkere et six autres vers Borjomi». La Russie semble vouloir montrer au monde entier, qui attend son retrait de la Géorgie, sa force en décidant, elle-même, du jour et de l’heure de l’évacuation de ses troupes militaires. D’ailleurs, le président russe Dmitri Medvedev a menacé de «riposte foudroyante» tous ceux qui croient pouvoir «tuer impunément» des citoyens russes, dans un discours prononcé à Koursk (ouest), à l’occasion de l’anniversaire d’une importante bataille de la Seconde Guerre mondiale. «Si quelqu’un pense qu’il peut tuer impunément nos citoyens, tuer des soldats et des officiers qui servent dans les forces de maintien de la paix, nous ne le permettrons jamais», a dit M. Medvedev. «Nous ne voulons pas aggraver la situation internationale, mais nous souhaitons que l’on nous respecte, notre Etat, notre nation, nos valeurs», a-t-il poursuivi. D’un autre côté, Moscou a annoncé sa décision de revoir ses relations avec l’Alliance atlantique suite aux déclarations «intolérables» des responsables de l’OTAN sur le rôle de la Russie dans le conflit entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud, a affirmé le représentant permanent de la Russie auprès de l’OTAN, Dmitri Rogozine. Les relations entre la Russie et l’OTAN «seront de toute façon revues, car les déclarations du secrétaire général de l’Alliance, Jaap de Hoop Scheffer, sur l’usage excessif de la force par la Russie […] sont absolument intolérables», a-t-il dit dans un entretien accordé au journal officiel russe Rossiïskaïa Gazeta. Les pays de l’OTAN ont condamné mardi dernier l’usage «disproportionné» de la force par l’armée russe contre les troupes géorgiennes au cours du conflit en Ossétie du Sud, lors d’une réunion de leurs ambassadeurs à Bruxelles. Pour sa part, le président géorgien Mikheïl Saakachvili a appelé la Russie à des «négociations» pour «éviter un divorce définitif» entre les deux pays, dans un discours à la télévision diffusé hier. «La Géorgie ne se rendra jamais, ne tolérera jamais la perte de la plus petite parcelle de son territoire», a-t-il souligné, adoptant ainsi pour la première fois un ton relativement conciliant. Depuis la contre-attaque massive des forces russes après la tentative de Tbilissi de reprendre par les armes le territoire séparatiste d’Ossétie du Sud, le président géorgien avait lancé de violentes attaques verbales contre Moscou, dénonçant un «nettoyage ethnique» et n’évoquant aucune possibilité de pourparlers. Au même moment, le conseil permanent de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) se réunissait, hier à Vienne, pour donner son feu vert à l’envoi d’observateurs supplémentaires de l’organisation en Géorgie. Le rôle de ces observateurs sera de contrôler que le cessez-le-feu est mis en place comme il a été décidé. Moscou et Tbilissi ont signé la semaine dernière un accord de cessez-le-feu destiné à mettre fin au conflit armé déclenché le 8 août dans la république séparatiste pro-russe d’Ossétie du Sud, autoproclamée indépendante au lendemain de la chute de l’URSS. L’opération géorgienne a échoué après l’intervention de la Russie, qui a envoyé en Ossétie du Sud ses troupes, ses chars et ses avions pour défendre les citoyens russes de cette république dont la plupart des habitants possèdent des passeports russes. L’accord de cessez-le-feu stipule un retrait des troupes russes mais les projets militaires à long terme de la Russie en Géorgie suscitent de nouvelles tensions, Moscou prévoyant de déployer dans l’ex-république soviétique des soldats de maintien de la paix. H. Y La Tribune
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