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Le discours de Bouteflika éloigne la perspective d’une normalisation avec le Maroc
Depuis plusieurs mois, les hauts responsables marocains ont tout fait pour arracher un geste d'Alger. Ils se sont tous exprimés sur le dossier de la réouverture des frontières. Même le roi Mohamed VI a tendu la main au président Bouteflika à plusieurs reprises. Un geste rare et exceptionnel dans un pays où le souverain ne tend presque jamais la main, même quand il a la certitude qu'elle sera acceptée. En 2008, Mohamed VI avait appelé à au moins trois reprises à la réouverture des frontières et à une normalisation entre les deux pays. Mais aucun haut responsable algérien n'a pris la peine de lui répondre.
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Barack Obama ou John McCain : Qui sera le 43ème président des Etats-Unis ? PDF Imprimer Email

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«We need change.» Nous voulons le changement. Cette phrase, devenue slogan de campagne d’un des candidats, est répétée inlassablement par les Américains. Dans leur différence de génération, de race et de catégorie sociale, ils sont unanimes à vouloir retrouver une Amérique désormais perdue. Et la présidentielle version 2008 peut constituer le début de ce changement attendu ou la perpétuation de la politique détestable de l`actuelle administration. De l’avis des observateurs, la campagne électorale a été historique et la présidentielle le sera tout autant.
En effet, pour la première fois dans l’histoire des Etats-Unis, un candidat noir, le Démocrate Barack Obama, pourrait devenir Président, et, en cas d’élection
de son adversaire, une femme, la Républicaine Sarah Palin, sera la vice-présidente de la première puissance mondiale. Les chiffres des instituts de sondage qui n’arrêtent pas de défiler sur les écrans de télévision arrachent un sourire aux Américains. Ces chiffres sont impitoyables pour le candidat républicain. Son rival garde un avantage de plus de six points (50 contre 43,5%). Dans le district de Columbia, ce qui est loin de constituer une surprise, Barack Obama semble bien parti pour l’emporter. Mais, dans le complexe système électoral américain, il s’agit moins de gagner le vote populaire que d’engranger au moins 270 des 538 grands électeurs qui composent le collège électoral. En effet, l’élection présidentielle américaine se joue dans une dizaine d’Etats indécis, appelés «Swing States», capables de basculer dans un camp comme dans l’autre jusqu’à la dernière minute de ce long mardi.
La décision pourrait se faire dans les dernières heures de la journée, selon des observateurs. Les exemples particuliers sont souvent rappelés dans les médias comme pour préparer l’opinion à tout effet de surprise. L’exemple de la victoire de George W. Bush en 2000 avec moins de voix que son adversaire démocrate Al Gore au niveau national est sans cesse évoquée. Ou encore, en 2004, quand l’Ohio a fait basculer l’élection en faveur de George W. Bush avec un peu moins de 120 000 voix d’avance sur plus de 5,6 millions de suffrages exprimés. Ces derniers jours, Barack Obama et John McCain ont multiplié les déplacements dans plusieurs Etats clefs, dont la Floride, un Etat souvent évoqué comme symbole du caractère généralement serré des élections présidentielles. La capitale des Etats-Unis Washington DC est enserrée entre l’Etat du Maryland, résolument démocrate, et les terres conservatrices de Virginie. Et le fait que McCain fasse campagne dans un Etat comme la Virginie n’est pas un bon signe pour les Républicains.
La Virginie n’a pas voté pour un candidat démocrate à la présidentielle depuis 1964, rappelle Susan Page, journaliste à USA Today. Cette année, fait inédit, Barack Obama y caracole en tête avec une avance de plus de six points. La Pennsylvanie reste le seul Etat, remporté en 2004 par le Démocrate John Kerry, que convoite John McCain. Barack Obama, admirablement conseillé par David Plouffe, s’est attelé en fin de campagne à convaincre ses partisans que la partie est loin d’être gagnée, afin de maintenir la mobilisation. Le Démocrate ne cesse de rappeler l’expérience négative durant les primaires démocrates. Donné favori dans le New Hampshire, il avait levé le pied devant l’atmosphère positive permettant à sa rivale Hillary Clinton de se remettre miraculeusement dans le jeu. La course à l’investiture démocrate avait été relancée et le suspense est resté vivace jusqu’en juin.
Qui sera le 43ème président des Etats-Unis ? Plusieurs facteurs viennent tempérer les pronostics des sondages ostensiblement en faveur du candidat démocrate. D’abord, la complexité du système de scrutin américain. L’élection présidentielle est une histoire d’Etat. Elle se joue moins au niveau national que dans chacun des 50 Etats à travers le pays. Un candidat peut rafler la majorité du vote populaire et perdre la Maison-Blanche. Si un candidat gagne, même de façon minime, dans un certain nombre d’Etats clefs il peut faire la différence en remportant tous les grands électeurs de ces Etats. Un scénario qui pourrait sourire au Républicain John McCain qui a résolument jeté ses forces dans des Etats comme l’Ohio et la Pennsylvanie. Des Etats qui comptent à eux seuls 41 grands électeurs. Les deux candidats à la Maison-Blanche brigueront les faveurs de 270 sur les 538 grands électeurs. Cette année, personne n’est en mesure de dire combien d’Américains iront accomplir leur devoir civique. Les prévisions les plus raisonnables tablent sur 130 millions d’électeurs. Un record. Une autre inconnue sera dévoilée aujourd’hui. Celle relative au désormais célèbre «effet Bradley», du nom de Tom Bradley, l’ancien maire noir de Los Angeles qui perdit, à la surprise générale, l’élection au poste de gouverneur de Californie en 1982 alors que les sondages le donnaient largement gagnant. Dans une Amérique pourtant fondée sur la diversité, la couleur de sa peau lui a été fatale. Explication : une partie des sondés, de peur de paraître racistes, n’oseraient pas avouer qu’ils ne voteraient pas pour un Noir. Et tromperaient ainsi les instituts de sondage, qui n’ont pas arrêté de prédire la victoire de Barack Obama. Beaucoup d’analystes doutent cependant de l’existence même de cette hantise «effet Bradley». Pour eux, l’Amérique a changé, voire évolué depuis le début des années 80. Selon les Républicains, les Américains ne tomberont pas dans le «piège communautaire». La participation à l’élection devrait être importante mais ce sont toutes les catégories d’électeurs qui vont se mobiliser. Une tendance qui aura pour effet d’atténuer l’importance du «vote noir». Pierre Louis, Américain d’origine haïtienne, pour qui Obama ne peut absolument pas perdre, les chiffres ne mentent pas. Jamais depuis 1948 un candidat annoncé battu par plus de 5 points à une semaine du scrutin présidentiel n’est arrivé à inverser la tendance en sa faveur. Pour lui, Barack Obama, qui «porte une vision» pour l’Amérique, est déjà à la Maison-Blanche.

Moumene Belghoul, La Tribune

 
 
 

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