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Ce n’est pas la première fois que le roi remet sur le tapis cette question. Ce qui prouve, incontestablement, le malaise social et économique dans lequel se morfond la région frontalière, celle de Oujda.
Le roi du Maroc serat-il revenu à son exercice de prédilection qu’ affectionne par ailleurs les tenants du Makhzen, celui de s’attaquer à l’Algérie chaque fois que le royaume est en proie à des problèmes internes ? Il y a tout lieu de le croire comme il l’a confirmé lui-même en fustigeant l’Algérie à propos de l’épineuse question de la fermeture des frontières entre les deux pays. «Le refus obstiné de tous les efforts de normalisation consentis par le Maroc (…) va à l’encontre de la logique de l’histoire et de la géographie, laquelle est incompatible avec la fermeture des frontières entre les deux pays voisins et frères» a en effet indiqué Mohamed VI jeudi dernier, dans un discours télévisé à l’occasion du 33e anniversaire de la « marche verte » initiée en 1975 par son défunt père, Hassan II, en vue d’occuper de force le territoire du Sahara Occidental, considéré alors par le palais royal comme territoire marocain. Ce n’est pas la première fois que le roi remet sur le tapis cette question. Ce qui prouve, incontestablement, le malaise social et économique dans lequel se morfond la région frontalière, celle de Oujda, depuis la décision de l’Algérie de fermer sa frontière en guise de rétorsion à l’attitude marocaine qui imputait la responsabilité de l’attentat qui a secoué Marrakech aux services algériens. A l’époque, les ressortissants algériens, en visite au Maroc, ont été reconduits sans ménagement aux frontières alors que le palais royal a pris la décision d’instaurer un visas d’entrée pour les Algériens. Alger a adopté la logique de la réciprocité en décidant, en plus, de fermer sa frontière ouest. La manne financière qui provenait de centaines de milliers de touristes algériens et qui comptait en centaines de millions de dollars s’est soudainement arrêtée de se déverser sur cette région en particulier, et sur le royaume en général. A l’évidence, Oujda et ses environs ont subi de plein fouet les conséquences de cette décision et toute la région à alors basculé dans le marasme économique et le chômage. Depuis, toutes les tentatives de Rabat et ses appels incessants n’ont trouvé aucun écho auprès d’Alger. L’Algérie exigeait une profonde mise à niveau de l’ensemble des relations entre les deux parties avant de procéder à la réouverture des frontières, une demande qui n’a pas, semble t-il, emballé le autorités marocaines. Ces dernières multipliaient les attaques périodiques contre l’Algérie qu’ils accusaient de soutenir le Font Polisario qui revendiquait l’autodétermination du peuple sahraoui. D’ailleurs, Rabat a tout fait, avec l’aide, il est vrai, et le soutien notamment de la France, de saborder le processus de négociation avec les représentants des Sahraouis dans le cadre de l’ONU en s’en tenant exclusivement à son plan d’autonomie au lieu et place d’un référendum d’autodétermination. Mohamed VI a abordé cette question dans son discours et, comme de tradition, il accuse l’Algérie de tout mettre « en œuvre pour perturber, la situation actuelle qui fait planer les périls de la balkanisation sur la région du Maghreb et du Sahel » (sic). Cette sortie médiatique du roi n’est, somme toute, que l’expression de l’échec du Maroc à imposer son plan d’autonomie et la meilleure preuve en est, sans aucun doute, la nomination d’un nouvel envoyé spécial de Ban Ki Moon, le secrétaire général de l’ONU, pour le Sahara Occidental en remplacement de Peter van Walsum qui n’a pas caché son soutien pour les thèses du Maroc. Le MIdi libre
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