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Le discours de Bouteflika éloigne la perspective d’une normalisation avec le Maroc
Depuis plusieurs mois, les hauts responsables marocains ont tout fait pour arracher un geste d'Alger. Ils se sont tous exprimés sur le dossier de la réouverture des frontières. Même le roi Mohamed VI a tendu la main au président Bouteflika à plusieurs reprises. Un geste rare et exceptionnel dans un pays où le souverain ne tend presque jamais la main, même quand il a la certitude qu'elle sera acceptée. En 2008, Mohamed VI avait appelé à au moins trois reprises à la réouverture des frontières et à une normalisation entre les deux pays. Mais aucun haut responsable algérien n'a pris la peine de lui répondre.
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Mme Hind Khoury, Déléguée Générale de Palestine en France, au Midi Libre : «Le cessez-le-feu n’est pas une fin en soi» PDF Imprimer Email

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L’Etat hébreux vient d’annoncer un cessez-le-feu unilatéral. Tactique ? Une chose est sûre, c’est qu’il est plus que jamais fragile et « n’est pas une fin en soi ». Hind Khoury, déléguée générale de Palestine en France, a appelé dans cet entretien la communauté internationale à maintenir la pression sur Israël pour aller au-delà de l’arrêt des tirs. Si la reconstruction de Ghaza semble être la nécessité, la construction de l’Etat palestinien reste l’objectif à atteindre. Mme Khoury appelle, pour ce faire, la communauté internationale à maintenir la pression sur Israël pour respecter le droit du peuple palestinien à vivre en sécurité sur ses terres.

Midi Libre : Israël annonce un cessez-le-feu unilatéral après avoir semé le chaos dans la bande de Ghaza sans atteindre ses objectifs. C’est le succès de la diplomatie ou celui des armes ?
Je veux tout d’abord saisir cette occasion que vous me donnez pour dire qu’Israël a franchi toutes les limites, à tous points de vue; la diplomatie a fonctionné mais en retard. En principe la diplomatie sert à éviter les guerres, nous regrettons que le monde ait mis trop longtemps pour prendre conscience qu’Israël était en train de commettre un génocide et agir en conséquence. Le plus urgent était d’arrêter les attaques sur Gaza. Mais, la communauté internationale doit maintenir la pression pour aller au-delà d’un cessez-le-feu. La population de Gaza, meurtrie dans sa chair, a droit à ne plus être attaquée par Israël. Les gouvernements successifs nous ont habitués à accepter des accords puis tout faire pour étendre les colonies, mettre sous embargo une population et la mettre à sa merci. Il faut que la communauté internationale fasse pression, pas uniquement pour arrêter les tirs, mais pour ne plus permettre ce qui s’est déroulé à Gaza. La communauté internationale doit aussi s’engager avec Israël pour aller vers le chemin de la création d’un Etat palestinien. Nous, tacitement, on a reconnu l’Etat d’Israël pour justement engager des négociations avec Israël en croyant donner une chance au processus de paix. Mais en attaquant Gaza, Israël a montré sa volonté politique de saper toutes les chances de création d’un Etat palestinien selon le droit international, qui il faut le souligner, ne s’applique pas pour la Palestine. Au-delà du carnage commis sur la population et du choc qu’elle a causé par ces attaques, Israël a détruit toutes les institutions qui sont utiles pour gérer le quotidien des palestiniens à savoir, les commerces, les relais sociaux, la politique, bref tous les maillons nécessaires à la construction d’un Etat.

Ehud Olmert a prétendu que ce cessez-le-feu unilatéral est motivé par le fait que ses objectifs aient été atteints ? Qu’en pensez-vous
Ses objectifs n’ont pas été atteints et ne seront pas atteints parce que l’option militaire ne résoudra rien. Les attaques ne font qu’encourager la population à prendre les armes. Et de ce fait, si Israël a réussi à provoquer le chaos, il a, par contre, subi sa défaite dans cette bataille. Ses objectifs n’ont pas été atteints puisque cela a multiplié par dix la détermination des palestiniens.

Comment voyez-vous la suite
des pourparlers ?
Il ne faut pas que le focus soit mis uniquement sur le cessez-le-feu qui n’est pas une fin en soi. Nous revendiquons le retrait de l’armée, la réouverture des points de passages et la levée du blocus. Il faut ensuite établir un calendrier pour suivre les conditions du respect d’un éventuel accord.
Mais il ne faut pas oublier que la situation en Cisjordanie est dramatique, les colonies continuent de s’ériger sous l’ombre du mur de l’apartheid et le quotidien des palestinien est misérable. Israël pratique la politique du pire. Il faut qu’on aboutisse à un Etat palestinien très vite, c’est la seule issue vers la paix.

Est-ce que l’Autorité palestinienne, que vous représentez en France, soutient le Hamas qui a d’ailleurs annoncé la poursuite du combat si ses conditions n’étaient pas satisfaites ?
Je représente la Palestine avant tout. Je représente les droits de l’Homme des palestiniens comme peuple sous occupation ainsi que 4 millions de palestiniens qui sont réfugiés en dehors de la Palestine et qui attendent leur retour. Le Hamas fait partie du peuple palestinien. Il y a certes des divisions politiques mais la réconciliation est un devoir pour le Hamas et l’autorité palestinienne. Ces divisions sont les conséquences d’une occupation illégale, des plus répressibles, de 60 ans que le monde a permis et qui a causé aussi ces déchirures de la population palestinienne au niveau politique, social et culturel. Cette guerre et ces agressions, évidemment, exacerbent les tensions. Mais l’espoir est là pour un peuple qui a tellement souffert d’injustice, il tient toujours, il ne baisse pas les bras et nous sommes déterminés à dessiner un futur prometteur pour le peuple palestinien. Inchalah !

Mounir Cheriffa

 
 
 

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