 C’est devenu presque une tradition : l’été politique en Algérie, c’est la saison de toutes les incertitudes. Au gré des années et des conjonctures, c’est tantôt agité, tantôt manquant cruellement de lisibilité, que l’été politique algérien se présente à chaque fois. Ainsi, cette année, où une grosse énigme écrase la vie politique et tétanise les partis, malgré les apparences.
Comme un signe symptomatique du malaise ambiant, l’on se dit dans la majorité des états-majors politiques être pris par des préoccupations «domestiques», notamment organiques, alors même que pointe à l’horizon le rendez-vous politique le plus important du pays, l’élection présidentielle. «L’intention» de Bouteflika de ne pas partir à la retraite de sitôt, ajoutée au traumatisme de 2004, démobilise toute la classe politique, et l’on se retrouve dans une situation pour le moins anecdotique où, à neuf mois de la présidentielle, pas le moindre petit «lièvre» n’ose encore accompagner le «plébiscite » annoncé de Bouteflika. Il faut dire que la révision de la Constitution, dans le sens où tout le monde sait, n’est plus qu’une question de temps. K. Amarni FLN Trois jours d’amphi à Blida De toute la classe politique, le Front de libération nationale (FLN) reste le parti qui doit tanguer cet été sur les vagues de la contestation. Le parti n’en finit toujours pas avec le redressement devenu une menace permanente, même si sa manifestation éclatante est sporadique. Prié, sans protocole aucun, de faire place à Ouyahia à la tête de l’exécutif, Belkhadem, le désormais ex-chef du gouvernement, verra inéluctablement sa sérénité mise à épreuve lors de chaque activité partisane. Et des activités, le parti n’en manquera pas durant les mois prochains. A commencer par l’université d’été qu’il tiendra les 23, 24 et 25 août à Blida, loin de la brise marine. Selon le chargé de la communication du parti, Saïd Bouhadja, cette activité associera tous les cadres du parti. Ces derniers auront trois jours pleins pour disserter autour de la relation université et société. Un générique qui, d’apparence, n’est pas éminemment politique. Mais, on sait qu’au FLN, la moindre rencontre offre l’opportunité pour l’expression des rivalités, et il n’en manque pas ces temps-ci au sein de l’ex-parti unique. D’autant que juste après cette université d’été, le parti ira droit vers le foncièrement politique : la réunion de la session ordinaire de son conseil national. Celle-ci pourrait avoir lieu début septembre. L’énigmatique révision constitutionnelle réémergera fort probablement à l’occasion. D’une manière ou d’une autre. Le FLN s’est lourdement investi autour de la perspective pour qu’il ronge son frein et attende que parle l’oracle. Belkhadem aura certainement à s’expliquer sur ses fausses certitudes du temps qu’il trônait en chef au Palais du gouvernement. L’adversité, réelle, se saisira nul doute des ratages, nombreux, de Belkhadem pour davantage l’affaiblir. Les regroupements régionaux que le parti retient d’organiser en prélude à l’université d’été et à la session du conseil national seront autant de retrouvailles «guerrières» entre les courants qui traversent le FLN. D’abord le 31 juillet prochain où le parti réunira les militants de trois wilayas de l’est, Sétif, Mila et Bordj-Bou-Arréridj. Ensuite, le 6 août, lorsque seront regroupées les wilayas de Aïn Defla, Chlef et Tissemsilt. Le secrétaire général de l’instance exécutive du parti on le dit prendre son bâton de pèlerin et sillonner le territoire national. Ce n’est pas le temps qui lui manquera, à présent qu’il n’est qu’un ministre d’Etat sans portefeuille. S. A. I. RND Priorité à la restructuration Le Rassemblement national démocratique profitera de la saison estivale pour procéder à la restructuration de ses instances locales. «Cette phase de restructuration fait suite au congrès ordinaire du RND qui s'est tenu au mois de juin. Actuellement, nous procédons à l'installation des bureaux de wilaya», a indiqué, hier, Miloud Chorfi, chargé de la communication de cette formation. Les activités post-congrès devraient se poursuivre avec la tenue des conseils de wilaya. «Les conseils, qui seront élargis aux élus locaux, se chargeront d'expliciter aux militants les résolutions du dernier congrès.» Selon Miloud Chorfi, le RND a décidé, cette année de ne pas organiser d'université d'été. «Nous comptons nous consacrer aux activités inscrites dans le sillage du congrès ordinaire», a ajouté le chargé de la communication du parti d’Ahmed Ouyahia. T. H. Les préparatifs vont bon train au FFS Le Front des forces socialistes s’attelle à mettre au point les derniers préparatifs à son université d’été qui devra se tenir à la fin du mois d’août. Le premier secrétaire de la formation politique avait indiqué, lors de sa récente conférence de presse, que l’université d’été sera organisée en deux sessions consacrées «à l’école de formation politique » qui, selon Karim Tabbou, a enregistré l’adhésion de 75 à 80 encadreurs et quelque 800 universitaires. L’été ne s’annonce pas de tout repos pour les cadres du parti puisque le FFS va également célébrer le 52e anniversaire du Congrès de la Soummam et celui de la création du GPRA, en septembre 1958, ainsi que de la création du FFS en septembre 1963. A la rentrée sociale, le FFS est attendu sur le terrain politique puisque son premier secrétaire avait annoncé que Aït Ahmed, Hamrouche et Mehri lanceraient, dès le mois de septembre, une initiative politique dont il n’a pas révélé la teneur. N. I. FNA Conseil national en août Le Front national algérien (FNA), guetté par une escale organique importante durant le mois d’août, a décidé de faire l’impasse, cette année, sur l’université d’été. Le parti prépare la session de son conseil national prévue au courant du mois prochain. Mais en attendant ce rendez-vous, le FNA tiendra trois regroupements régionaux, respectivement les 24 et 31 juillet puis le 7 août. Ces regroupements régionaux seront présidés, signale-ton au niveau du parti, par le président Moussa Touati. S. A. I. Sous le signe de la mobilisation au PT Louiza Hanoune l’avait bien dit, le PT se considère en état d’alerte tant que certains textes de loi continuent de menacer la cohésion de la nation, à l’instar de la loi domaniale. L’université d’été, une tradition bien ancrée dans les pratiques du Parti des travailleurs, s’inscrira d’ailleurs en droite ligne de cette mobilisation. Prévue pour le mois d’août, elle sera axée sur les thèmes chers à la formation de Louiza Hanoune qui concernent aussi bien l’actualité nationale qu’internationale. La crise alimentaire mondiale, les conflits dans plusieurs régions du monde, la situation économique que vit l’Algérie et les échéances politiques figurent également parmi les thèmes qui seront débattus par les participants à l’université d’été. Selon Djelloul Djoudi, chef de cabinet de Louiza Hanoune, la tenue de cette université d’été sera immédiatement suivie par une conférence de formation des élus. N. I. MSP Programme estival chargé L'été sera long pour les cadres et les militants du Mouvement de la société pour la paix. Après un congrès ordinaire plein de rebondissements, ils se voient tenus de participer à diverses activités organiques. A commencer par le renouvellement des composantes des structures locales. «Le parti procède actuellement aux élections de ses structures au niveau local. C'est en fait l'activité principale du parti à l'occasion de cette saison estivale», notait hier Mohamed Djemaâ, chargé de la communication de cette formation. Ce n'est pas tout, puisque le MSP prépare activement son université d'été. «Cet événement se déroulera, comme de coutume, à l'université de Boumerdès. Nous attendons près d'un millier de participants nationaux et étrangers. Cette année, la thématique retenue porte sur les réformes sociales et les valeurs.» Mohamed Djemaâ a également annoncé la préparation de la prochaine rencontre des partis de l'Alliance présidentielle. «La date de cette réunion n'a pas encore été arrêtée mais sa tenue ne saurait tarder.» T. H. RCD Cap maintenu sur l’activité de proximité Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) sursoit cette année à l’organisation de sa traditionnelle université d’été. Le parti, cependant, ne va pas s’abandonner au farniente. Du boulot, il en abattra tout au long du mois d’août et en septembre. Le secrétaire national chargé de la coordination, le député Mohcène Belabès explique : «Nous avons décidé de sacrifier le rituel de l’université d’été parce que nous avons estimé que nos militants ne pouvaient supporter les frais de participation, à la veille du mois de carême qui coïncide, cette année, avec la rentrée sociale. Comme d’aucuns le savent, ce sont les militants participants qui financent les universités d’été du parti.» A défaut d’un grand regroupement estival, le RCD a retenu de se rabattre sur l’organisation d’activités au niveau des wilayas. Ce sera tout le long du mois d’août. Questions organiques et politiques s’alterneront durant ces conclaves. «Nous allons nous atteler à parachever notre effort de structuration. Mais en même temps, nous préparerons la prochaine rentrée politique», précise M. Belabès. Le jeûne en septembre ne fera pas oublier au parti sa foi militante : des sorties de proximités y sont envisagées. Un travail qui verra probablement l’implication du président du parti, Saïd Sadi. «Nous sommes en train de réfléchir à l’élaboration d’un programme de sorties sur le terrain durant le mois de carême», confie encore Mohcène Belabès qui rappelle, au passage, que ces activités sont un prolongement à celles menées durant le mois de juillet. «Le 17 juillet, nous avons clôturé un cycle de formations pour nos élus locaux.» S. A. I. Le Soir d'Algerie
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