| Le discours de Bouteflika éloigne la perspective d’une normalisation avec le Maroc |
| Depuis plusieurs mois, les hauts responsables marocains ont tout fait pour arracher un geste d'Alger. Ils se sont tous exprimés sur le dossier de la réouverture des frontières. Même le roi Mohamed VI a tendu la main au président Bouteflika à plusieurs reprises. Un geste rare et exceptionnel dans un pays où le souverain ne tend presque jamais la main, même quand il a la certitude qu'elle sera acceptée. En 2008, Mohamed VI avait appelé à au moins trois reprises à la réouverture des frontières et à une normalisation entre les deux pays. Mais aucun haut responsable algérien n'a pris la peine de lui répondre. |
| Investissements : les groupes étrangers s’inquiètent du flou qui entoure les nouvelles mesures Ouyahia |
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Les récentes instructions du Premier ministre Ahmed Ouyahia sur l'investissement et le commerce extérieur inquiètent les milieux d'affaires nationaux et étrangers. Les patrons des filiales locales des groupes étrangers concernées par ces mesures sont dans l'expectative et attendent la publication des textes d'application des dernières circulaires gouvernementales. Le Premier ministre a en effet signé fin 2008 des instructions modifiant les règles du jeu concernant l'investissement et l'importation. Désormais, les investisseurs étrangers sont obligés de s'associer avec des Algériens pour investir en Algérie. Pour leur part, les sociétés importatrices d'origine étrangère sont tenues d'associer des entreprises locales à hauteur de 30% dans leur capital. M. Ouyahia a défini ainsi les grandes lignes de la nouvelle politique économique du pays dont l'objectif est de réduire les importations et les transferts de devises vers l'étranger. « Les étrangers comprennent parfaitement la décision du gouvernement de réduire les importations », affirme à toutsurlalgerie le directeur général de la Chambre française de commerce et d'industrie en Algérie, Jean-François Heugas. « Mais, il faudrait améliorer l'environnement économique pour créer de la valeur ajoutée en Algérie et rendant la production rentable », ajoute M. Heugas. Pour tenter de comprendre les nouvelles mesures de M. Ouyahia, les patrons étrangers multiplient ces derniers jours les réunions avec des juristes et des spécialistes en investissements. Mais en l'absence d'interlocuteurs officiels pour expliquer les mesures, les choses n'avancent pas. « Nous ne savons pas si les mesures gouvernementales sont rétroactives. Nous n'avons pas non plus de détails sur les nouvelles conditions concernant l'investissement. Nous ne savons pas si les investisseurs qui veulent investir seuls, sans demander des avantages à l'Etat, sont concernés par ces mesures », s'interroge le patron d'une filiale locale d'un groupe français. En fait, le gouvernement, via ces nouvelles mesures, entend réduire les importations. Mais il n'a pas communiqué clairement sur ses décisions. Résultat : les nouvelles décisions risquent de nuire sérieusement à l'activité économique en ralentissant le rythme des investissements et porter atteinte à l'image de l'Algérie à l'étranger. Les changements fréquents de lois économiques ne rassurent pas les investisseurs nationaux et étrangers qui se plaignent souvent de l'insécurité juridique en Algérie. En réponse aux mesures du gouvernement, les industriels algériens et étrangers plaident en faveur de l'amélioration du climat économique local hostile à la production. « Aujourd'hui il est préférable d'importer que de produire sur place. La production en Algérie est rarement rentable », souligne le directeur d'une autre entreprise privée. L'Algérie constitue en effet un paradis pour les gros importateurs. Ces derniers importent massivement des marchandises contrefaites, sans payer les taxes et les droits de douanes. Puissants et influents, les importateurs inondent le marché de produits de mauvaise qualité, compliquant les choses pour les producteurs locaux. Les exemples sont nombreux. « Michelin produit des pneumatiques en Algérie, mais ses produits sont fortement concurrencés par des pneumatiques contrefaits importés », explique une source proche des milieux d'affaires étrangers. D'autres groupes nationaux et étrangers sont victimes de la concurrence déloyale de la part des importateurs. Ces derniers sont rarement inquiétés par les autorités qui préfèrent regarder ailleurs.
TSA |
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